dimanche 4 janvier 2015

Avis sur Oeuvre / Pourquoi Regarder Black Mirror (2011 à 2015)

Divertissement dramatique, série d'anthologie centrée sur la science-fiction, Black Mirror est un véritable succès critique. Elle comprend deux saisons de trois épisodes chacune et un spécial Noël diffusé pour la première fois en décembre dernier. Ses histoires sont généralement basées sur des univers alternatifs (ou un seul univers fictif si on s'appuie sur les références aux saisons précédentes dans le dernier épisode diffusé) dans lesquels une technologie pose un dilemme ou problème moral.

Seul le premier épisode, "The National Anthem", semble situé dans un monde identique au nôtre. Ce qui le rend, pour ma part, autrement plus glaçant que le reste de la série. Dans la première saison, la meilleure à mon avis, des hommes emploient des technologies (médiatiques dans les épisodes un et deux) qui ont des conséquences douteuses sur la société.


Dans la deuxième et le spécial Noël, les technologies prennent littéralement possession des hommes et l'individu en vient à devenir lui-même le médium dans un épisode. Et c'est le concept de l'individu physiquement absorbé par la technologie qui, je trouve, affecte le réalisme de Black Mirror et rend la deuxième saison moins intéressante que la première. Seul deux histoires constituent réellement des spéculations dystopiques désespérées tandis que les autres sont légèrement moins fermées, étant plus ouvertes à des suites heureuses ou à des échappatoires. Le créateur est Charlie Brooker même si c'est à Jesse Armstrong (auteur de la satire politique The Thick of It et surtout de Peep Show, ma sitcom britannique favorite) que l'on doit le dernier épisode de la première saison ou le meilleur selon moi.




La télé-réalité est un format souvent vu comme représentatif d'une sorte de "déclin" de la télévision (laquelle fait d'ailleurs l'objet de deux intrigues de la série). Endemol produit les télé-réalités de compétition les plus connues...et produit aussi Black Mirror.





Ironie ? Contradiction ? Pas tout à fait. Certes, la problématique du médium concentré sur l'individu, ses sentiments, ses qualités, ses défauts ou son rôle peut être assimilée aux questions de possession de ou soumission aux technologies abordées dans la série. Mais la télé-réalité même n'apparaît que dans un seul épisode et la nature du format dans celui-ci est très fortement détournée. Oui, l'univers de "Fifteen Million Merits" (S01E02) sent la claustrophobie orwellienne à plein nez.

Alors, pourquoi faut-il regarder Black Mirror ?
La série va à l'encontre d'un progressisme technologique parfois aveuglant et présente des approches rares par rapport à l'appui franc d'internet (en particulier du réseau social) par les chaînes de télévision. Certaines de ses intrigues à thèse, notamment celles concernant la justice dans "White Bear" (S02E02) et "White Christmas" (Spécial Noël 2014), sont dignes de dissertations philosophiques. Ce n'est pas une série horrifique et, malgré les situations frissonnantes ou gênantes, il y a peu de chance d'en faire des cauchemars. C'est une série de "science fiction" (et non spéculative en général ou fantastique) et il y en a encore bien peu à la télévision anglo-saxonne, sans parler de la nôtre. Fan de The Twilight Zone (La Cinquième Dimension) ? Alors n'hésitez pas ! Ses acteurs sont aussi excellents que leurs personnages. Aussi, ce n'est pas une série très longue à visionner. On peut aisément regarder les trois épisodes d'une saison sur une soirée. Enfin, la série est loin d'être aussi atrocement mainstream au Royaume-Uni que Downton Abbey, Call the Midwide, Broadchurch, Sherlock ou Doctor Who. Elle l'est encore moins, bien entendu, en France, avec des taux d'audimat assez faibles sur France 4. S'en montrer fan est donc un signe relatif d'originalité (LMAO).




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