mardi 10 novembre 2015

Philosophie / Du Bon Usage des "Individias"

Internet est, au-delà du simple aspect « virtuel », l'avènement des médias individuels. Ce que je préfère abréger par « individias ». N'importe qui peut transmettre n'importe quoi. Son propre livre : Google Docs. Sa famille, ses amis, sa vie : Facebook. Ses vieilles connaissances : Copainsdavant. Ses photos : Instagram. Ses brefs écrits, commentaires, critiques ou essais : les blogs. Ses actualités favorites, ses réactions succinctes, ses contrariétés passagères, ou tout simplement ses goûts : Twitter. Sa crédibilité professionnelle : LinkedIn. Sa propre télévision, voire son propre film: Youtube, Dailymotion. Sa propre musique : Soundcloud. Son propre magasin : Ebay, Leboncoin. Ses achats et envies d'achat : Amazon, Priceminister, Cdiscount. Son savoir : Wikipédia, et les Wikia.

L'interface Internet est ainsi bien plus qu'une autre dimension secondaire. Si on se plie à ses « réseaux sociaux », ou plus largement « médias sociaux », alors notre « Historique » devient une autobiographie automatisée et la gestion saine et sereine de ce quotidien à part entière est une question évidemment redondante sans être pour le moins pertinente.

Je me propose d'y répondre par l'idée d'atteindre un équilibre harmonieux entre la « réalité » et ce miroir d'interaction quasi instantanée. C'est tout à fait simple. Il s'agit de ne pas s'inventer trop de mensonges : de fausses créations (c'est-à-dire, ici, volées), de fausse vie, de faux amis, de fausses compétences, de fausses photos, de faux goûts, de fausses envies, de faux achats... Somme toute, de ne pas élaborer un alias de cette existence.

Il est d'usage - et le dernier film James Bond en est un exemple on ne peut plus récent - de s'entêter à susciter une responsabilité exclusive auprès des propriétaires définitifs de ce type de données dites "personnelles", c'est-à-dire les sites communautaires comme Facebook et surtout les navigateurs tels que Google. Cependant, la qualité morale, douteuse ou sérieusement dommageable, de notre vie en ligne est le fruit de nos actions, de nos prises de risques. 

Gregory House nous répondrait cyniquement « Everybody lies ».
Mais je lui rétorquerais, tel une River Song en regain d'optimisme, « But not every day ».  

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