mardi 15 mars 2016

La Licence de Langue n'enseigne pas la Langue

Pourquoi ? Car les compétences exigées en formule LLCE comprennent: des bases en "histoire" ou "institutions" de deux-trois pays (plus pour l'espagnol); un panorama ou une poignée d'oeuvres littéraires de deux-trois nationalités (plus pour l'espagnol); l'analyse grammaticale, souvent selon des méthodes françaises (non natives), de la langue étrangère; l'analyse phonologique de la langue étrangère; la traduction vice-versa, à un niveau dépendant fortement de l'enseignant; enfin, une certaine expression (surtout écrite) dans la LV pour rapporter tout ça (phonologie et grammaire exceptées).

Déduction limpide: il incombe à l'amateur de s'enseigner lui-même la langue à coups de films, de séries ou de livres. Une langue s'apprend en 1)écoutant ceux qui la parlent, et 2)les imitant. Rien de bien labyrinthique. C'est surtout une question d'enthousiasme et...de temps, certes. J'ai appris l'anglais en regardant les séries Doctor Who et Little Britain (d'abord en VOSTFR, puis en VO) avant de consacrer un petit mois de mon été 2011 aux oeuvres (très accessibles) d'Oscar Wilde. Je ne suis pas brillant. Ma mémoire n'est pas exceptionnelle et mon aptitude aux autres langues que l'anglais est aussi médiocre que la majorité. J'ai seulement voulu parler comme David Tennant, Matt Smith, David Walliams et Matt Lucas*. Sans insinuer d'homoérotisme, l'amour boost la mémorisation. Where there's a will there's a way.

En bref: ne vous fiez surtout pas à des formations telles que LLCE. Beaucoup décrochent leur diplôme avec une grammaire à donner la migraine et un accent à couper au couteau. Il arrive même que quelques "enseignants-chercheurs" (c'est-à-dire, des "docteurs" du domaine) ne parlent pas très bien l'anglais. Ce n'est pas une généralité, bien évidemment, mais un réel fait occasionnel. J'ajoute que les facs se battent vainement à coups de "Centres de Ressources en Langues" et d'années Erasmus (initiative moins populaire et bien plus mal employée qu'on ne le croît). Mais ces options de back-up n'ont aucune valeur comparés à la passion. Et, de mon expérience personnelle, trop rares sont les "enseignants-chercheurs" capables de transmettre cette passion - même si elle est censée être au moins en partie la leur.

Hier soir, sur un mur Facebook où mes réactions à chaud sont à peine bi-annuelles, on m'a accusé de narcissisme pour avoir dénoncé l'ignorance linguistique d'un fournisseur anonyme de cours sur Dropbox. Sa bourde: "A Survey of the American History". Pourquoi la défendre quand elle vient d'un L3 ? Et, en premier lieu, pourquoi défendre l'incompétence d'un diplômé potentiel en langue anglaise ? Pourquoi faut-il s'insurger quand tous les étudiants ne sont pas sur un même niveau (quand le niveau requis craint sur les bords) ? Si vous voulez apprendre une langue, sans pour autant éventuellement envisager de l'enseigner en collège, ne comptez pas nécessairement sur l'université (ses étudiants et ses enseignants) pour vous en donner la foi.

*Drôle de "parallèle prénomynal" inattendu

N.B.
Mon humble proposition d'ambitions concrètes pour résoudre le problème de la LLCE
http://jeremieconan.blogspot.fr/2015/10/les-departements-llce-doivent-etre.html

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